{"id":485,"date":"2025-01-12T17:04:22","date_gmt":"2025-01-12T16:04:22","guid":{"rendered":"https:\/\/meditationzen-eutonie-troyes.fr\/?p=485"},"modified":"2025-04-08T10:20:08","modified_gmt":"2025-04-08T08:20:08","slug":"la-lettre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/meditationzen-eutonie-troyes.fr\/index.php\/2025\/01\/12\/la-lettre\/","title":{"rendered":"Une lettre d&rsquo;information"},"content":{"rendered":"\n<p>Samedi matin, jour de repos, je me r\u00e9veille. Je savoure le presque vertigineux bien-\u00eatre que me d\u00e9livre la douce chaleur de la couette. Encore \u00e0 l\u2019abri des assauts, bons ou moins bons que r\u00e9serve la journ\u00e9e, voil\u00e0 que, mue par une sorte de bonne conscience (est-elle si bonne ? Cela reste une question) je mets de c\u00f4t\u00e9 ce ravissement sensoriel pour envisager le programme de la journ\u00e9e.&nbsp; Je vais faire un zazen bien s\u00fbr, la meilleure fa\u00e7on de commencer ce nouveau jour. J\u2019irai cueillir les derni\u00e8res plantes odorantes du jardin, menthe et m\u00e9lisse pour les tisanes d&rsquo;hiver, je ferai un crumble avec les pommes, je commencerai \u00e0 \u00e9crire la lettre d\u2019informations&#8230; et soudain, cette pens\u00e9e explosive&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je vais vivre !&nbsp;\u00bb Pens\u00e9e qui s\u2019imposait avec la force vive, la pl\u00e9nitude, d\u2019un v\u00e9cu bien r\u00e9el. Rien \u00e0 voir avec une simple r\u00e9flexion ou un d\u00e9sir abstrait et sans substance. Elle sonnait, r\u00e9sonnait dans mon \u00eatre, mon \u00ab\u00a0corps esprit\u00a0\u00bb dirait le ma\u00eetre zen Hirano Roshi, comme une connaissance directe, d\u00e9livr\u00e9e par mes sens. Vivre n\u2019est pas une id\u00e9e, un concept, vivre s\u2019\u00e9prouve dans notre chair, notre peau, les sens en \u00e9veils. Connaissance aussi, que l\u00e0 \u00e9tait le plus important, ce qui passait&nbsp;<em>avant tout,<\/em>&nbsp;que l\u00e0<strong>&nbsp;est,<\/strong>&nbsp;sans contestation possible, le fondement de nos existences, mais aussi de toutes nos actions, de tous nos \u201dfaire\u201d.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Faire, faire, faire et oublier de vivre ? Ou vivre, vivre, vivre, et surtout (puisque vivre est de toute fa\u00e7on donn\u00e9)&nbsp;<strong>se<\/strong>&nbsp;<strong>sentir<\/strong>&nbsp;<strong>vivre&nbsp;<\/strong>et le sentirdans tout ce qu\u2019on fait, que l\u2019on soit immobile, assis en zazen ou que l\u2019on fasse la vaisselle, du v\u00e9lo, que l\u2019on marche de la cuisine \u00e0 la salle de bain ou tout autre chose.<br><br>Cet \u00e9v\u00e9nement vivifiant qui m\u2019a saisi ce fameux samedi matin, me rappelle cette phrase de Montaigne qui, demandant \u00e0 un ami comment il allait en ce jour, eut cette r\u00e9ponse \u201d Je n\u2019ai rien fait d\u2019aujourd&rsquo;hui \u201d. Ce \u00e0 quoi Montaigne r\u00e9pondit : \u00ab&nbsp;Quoi, n\u2019avez-vous pas v\u00e9cu ? C\u2019est non seulement la fondamentale, mais la plus illustre de nos occupations !&nbsp;\u00bb.<br><br>Pourtant, on ne nous apprend pas \u00e0 go\u00fbter la vie. D\u00e8s le plus jeune \u00e2ge, il faut apprendre \u00e0 penser la vie et \u00e0 penser notre vie. Et c\u2019est ainsi que peu \u00e0 peu, nous nous coupons de la substantifique mo\u00eblle de notre existence, nous nous coupons du contact direct avec la vraie saveur, la profonde sensualit\u00e9 de ce que nous sentons de nous-m\u00eame et du monde qui nous entoure, et nous les transformons en concepts abstraits et sans consistance. Il est dommageable que le go\u00fbt de vivre soit inexistant de nos apprentissages, car ce faisant nous nous coupons de notre vraie nature, de notre essence, du vrai soi-m\u00eame qui n\u2019a rien \u00e0 voir avec ce que nous&nbsp;<strong>pensons&nbsp;<\/strong>de nous-m\u00eame. La seule chose dont on soit s\u00fbr \u00e0 propos de nous-m\u00eame, qui ne soit pas une sp\u00e9culation sur nous-m\u00eame, c\u2019est qu\u2019en ce moment nous vivons. De tout le reste on peut d\u00e9battre, de cela non.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Dans le travail que je propose \u201d La Voie de l\u2019Action\u201d on s\u2019achemine vers ce retour \u00e0 \u00ab&nbsp;l\u2019exp\u00e9rience \u00catre&nbsp;\u00bb (seinserfarhung dit D\u00fcrckheim) \u00e0 la source, \u00e0 l\u2019origine, cet \u00e9tat d\u2019\u00eatre, rond, plein, entier et \u00e9ternel, dans lequel tout enfant bien trait\u00e9 a v\u00e9cu, et dont la plupart d\u2019entre nous avons la nostalgie (sans en avoir toujours conscience d\u2019ailleurs&nbsp;; mais d\u2019o\u00f9 nous vient ce d\u00e9sir constant d\u2019\u00eatre aim\u00e9s, embrass\u00e9s, reli\u00e9s, unis, ou de s\u2019\u00e9tourdir de plaisirs, de travail, ou de pens\u00e9es&nbsp;? A coup s\u00fbr, pour ne pas \u00eatre confront\u00e9s \u00e0 une vie vid\u00e9e de suc, \u00e0 la peur du vide donc. Devenus incapables d\u2019appr\u00e9cier pleinement le simple fait de voir, d\u2019entendre, de sentir et go\u00fbter, le mental (ou pour certains, la recherche de sensations de plus en plus fortes), pour combler ce manque, finit par tout dominer, nous \u00e9loignant d\u2019autant de ce qui pourrait nous combler.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour retrouver \u00ab&nbsp;le fil d\u2019or qui nous relie \u00e0 notre profondeur&nbsp;\u00bb (K.G. D\u00fcrckheim) et apprendre \u00e0 demeurer dans cette pr\u00e9sence \u00e0 nous m\u00eame en tant qu\u2019\u00eatres dou\u00e9s de vie, on commence petit : allumer une bougie dans la pleine attention, on pourrait aussi bien dire \u201ddans la pleine sensation\u201d de chaque geste. Marcher, s\u2019asseoir, bouger lentement, pour tout sentir, sentir aussi la mani\u00e8re la plus juste, la plus naturelle d\u2019agir. Et pour finir, je voudrais ajouter pour celles et ceux qui craignent de trop sentir parce qu\u2019ils souffrent dans leur corps, que l\u2019action juste ne fait pas mal. La plupart du temps la douleur met en lumi\u00e8re le fait que notre action n\u2019est pas juste et que nous r\u00e9sistons, nous bloquons. Je ne parle \u00e9videmment pas des douleurs dues \u00e0 la maladie, ou \u00e0 un accident, quoique cet apprentissage s\u2019av\u00e8re d\u2019une grande aide dans ces cas-l\u00e0 aussi. Il nous enseigne en effet, la mani\u00e8re de nous lib\u00e9rer des tensions inadapt\u00e9es anciennes et actuelles, et comment ne pas les garder et les accumuler en soi.<\/p>\n\n\n\n<p>Hormis cet aspect purement physique, l\u2019acte juste c\u2019est \u00e0 dire libre et naturel, fait dans la pleine sensation (je pr\u00e9f\u00e8re ce mot \u00e0 celui souvent utilis\u00e9 de conscience) nous fait cheminer vers l\u2019\u00e9panouissement de notre vraie nature, fondamentalement confiante. En effet, lorsque l\u2019on renonce \u00e0 ses crispations r\u00e9tr\u00e9cissantes, recroquevillantes, nous d\u00e9-couvrons, la confiance nich\u00e9e au fond de nous.<\/p>\n\n\n\n<p>Anne Vincent<\/p>\n\n\n\n<p>La journ\u00e9e aura lieu \u00e0 S<a>aint Thibault \u00e0 20mn du centre-ville de Troyes dans un lieu calme et arbor\u00e9<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle se d\u00e9roulera en une&nbsp;<a>alternance de<\/a>&nbsp;m\u00e9ditation&nbsp;(zazen) de&nbsp;marche m\u00e9ditative&nbsp;(kin hin),&nbsp;d\u2019exercices&nbsp;corporels de centration&nbsp;propos\u00e9s au Centre D\u00fcrckheim et d\u2019exercices d\u2019eutonie.&nbsp;Temps de repos et promenade.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Le&nbsp;repas de midi&nbsp;est pris en commun, chacun apporte quelque chose \u00e0 partager.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Samedi matin, jour de repos, je me r\u00e9veille. Je savoure le presque vertigineux bien-\u00eatre que me d\u00e9livre la douce chaleur de la couette. 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